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mai 06

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Emma Bonino, une ministre « fanatique » des droits de l’Homme

Il y a chez Emma Bonino, la toute nouvelle ministre des Affaires étrangères italienne, la bonté sanguinaire d’une Sainte Catherine de Sienne. C’est une pure fanatique des droits humains, un peu moins des êtres humains. Si elle soupçonne dans quelque partie du monde que ce soit, une violation des droits de l’homme, elle est prête à demander l’envoi de troupes, de chars d’assaut, de B-52, ou de bombes à l’uranium appauvri. « Je suis une non-violente, pas une pacifiste, » affirme-t-elle. Le fait est que depuis plus de 15 ans, Emma Bonino est une va-t-en-guerre aux pures et saintes intentions.

Cela a commencé avec la guerre en Bosnie, qui l’a vu passer d’une chaine de télé à l’autre sur le Vieux Continent, en criant «  Au viol ethnique ! Au viol ethnique ! On ne peut pas tolérer les viols ethniques ! », tandis que des milliers de personnes mouraient sous les bombes à l’uranium appauvri de l’OTAN, dont Emma Bonino avait demandé l’intervention, en tant que Commissaire européenne.

Et cette « non-violente » a continué, soutenant toutes les guerres occidentales « préventives » qui ont suivi : contre la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, et elle ne serait pas contre la « solution de force » contre l’Iran, où les femmes portent le tchador qui est l’une des obsessions de cette bonne sœur laïque.

Ce qui est le plus inquiétant chez Emma Bonino, c’est son indiscutable bonne foi. La mauvaise foi est moins dangereuse. Car elle a la faiblesse de la mauvaise conscience, tandis que la bonne foi est inoxydable, indéfectible, invincible, elle avance la vérité au front, sans pitié aucune, chose que seuls les Justes pensent pouvoir se permettre.

Irrésolue comme tous ceux qui se sont voués à un Absolu, et qui aiment le monde sans aimer les Hommes, Emma Bonino est d’une certaine manière un personnage pathétique. Elle croit être laïque, mais elle est profondément imprégnée de culture catholique dont elle a la cruauté inconsciente. Elle croit être libérale, pourtant elle ne l’est pas. Un libéral qui exige que tous le soient, ce n’est pas un libéral, c’est un fasciste. Elle croit être démocratique, alors qu’en réalité elle est totalitaire, car elle ne conçoit même pas « l’autre », celui qui est différent. Un être parfaitement dépourvu d’ironie et d’auto-ironie, comme seule peut l’être une femme née à Bra (Cuneo) ; quand elle parle aux siens, aux radicaux, elle se sent obligée d’être spirituelle, avec des résultats plutôt embarrassants, en référence à un passé d’insoumise, de rebelle, qui s’est un peu étiolé après 8 législatures comme députée, deux comme parlementaire européenne, un poste de Commissaire européenne, et maintenant, celui de ministre des Affaires étrangères.

Engoncée dans ses indécrottables certitudes, réfractaire à toute culture, toute sensibilité qui ne soient pas les siennes, Emma Bonino s’était rendue en 1997, en tant que Commissaire européenne, dans l’Afghanistan des talibans. Lesquels lui permirent de voir tout ce qu’elle voulait. Bonino visita alors la partie de l’hôpital polyclinique de Kaboul réservée aux femmes, accompagnée d’une horde de journalistes, photographes, cameramans, qui se mirent à filmer tout et n’importe quoi, y compris les malades. Pourtant, il est bien connu que dans la culture islamique, il existe une sensibilité particulière à propos de la reproduction de la personne humaine, homme ou femme (vous aurez sans doute remarqué que les décorations de leurs tapis montrent des animaux, des végétaux, des fleurs). Du reste, même en Italie il n’est pas permis de photographier les malades sans leur consentement. C’est alors que le « Corps pour la répression du vice et la promotion de la Vertu » intervint, attrapa Emma Bonino et compagnie et les emmena au poste de police le plus proche. Là, ils lui expliquèrent comme cela se passait chez eux, puis ils la relâchèrent. De retour à Bruxelles, Bonino demanda par mesure de rétorsion que soit retirée toute aide humanitaire à l’Afghanistan.

Avec une telle ministre des Affaires étrangères, nous pouvons faire une croix sur le retour de nos hypocrites « missions de Paix » à l’étranger (la seule qui en soit vraiment une est celle au Liban, pour protéger les populations des heurts entre Hezbollah et Israéliens), ce qui aurait pu nous faire économiser 3 ou 4 milliards d’euros que l’on aurait pu utiliser à bon escient pour résoudre certains problèmes chez nous, comme les chômeurs en attente de droits à la retraite [« esodati » en italien – NdT], ou le financement de la Caisse assurance chômage.

Massimo Fini
Paru dans AriannaEditrice, le 5 mai 2013

 

 

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